Mai 12 18

Couteaux Thierry CHEVRON


Je voudrais vous présenter un coutelier forgeron qui monte et qui mérite d’être connu et reconnu, tant par son travail que par sa personnalité amicale.

Il s’agit de Thierry CHEVRON.

Cela fait pourtant quelques temps que je vais à Thiers au salon du , et pourtant je n’avais jamais remarqué Thierry.

Quelle erreur !

Mais cette erreur allait être bientôt réparée.

En surfant, j’ai découvert un en wootz qui m'a fort plu.


J’ai voulu en savoir plus sur le coutelier et l’ai donc contacté.

Commande fut donc prise pour un avec une lame en wootz et manche en bois de fer d’Arizona.

En effet je voulais faire une paire avec un fixe en wootz et manche en bois de fer d’Arizona de RémyB.

 

Après le SCAT de Lyon en novembre 2011, j’ai fais un saut chez Thierry Chevron, Forgeron coutelier à Orange (oui je sais très gros détour pour revenir après sur Saint Etienne) pour récupérer ma commande.

J’ai été reçu avec un accueil des plus chaleureux malgré l’heure tardive.

Thierry me fait visiter son atelier (oui oui Thierry s'y retrouve tout est a sa place mais l'atelier est très petit) où il s’est bricoler sa forge et la plupart de son outillage ainsi que son bas fourneau pour fabriquer l’acier de réduction le Tama-Hagané également son Creuset sorte de four a gaz pour fabriquer son wootz.


Four de trempe maison

Voici d’ailleurs un lingo de wootz ......

 

et aussi un morceau forgé près à faire une lame.

Nous avons longuement discuté sur la fabrication du wootz mais aussi du Tama hagane et du damas qu’il fait.

J’avais déjà eu un cours magistral sur le Wootz avec Rémy B lorsqu’il m’avait livré mon fixe en wootz (mais je vous en parlerais dans une autre revue) et là j’ai eu d’autres explications supplémentaires. Ce fut très instructif.

Thierry a un parcours particulier pour en venir à la coutellerie. Je lui laisse la parole, voici ce qu’il dit sur son site :

« Manuel et bricoleur depuis l'enfance, passionné par le travail du bois depuis toujours, j'ai commencé à faire des queues de billard suite à un pari. On m'avait mis au défi à l'époque d'en réparer une, ce qui a été pour moi une première étape. C'est ce qui m'a ensuite donné envie d'en fabriquer entièrement.

Mais tout n'a pas été simple ! Comme il n'existait pas vraiment de machine pour faire des queues de billard, j'ai dû au départ me fabriquer mes propres outils et me forger ma propre technique.

Par la suite, j'ai pu aller me perfectionner aux Etats-Unis à Miami où j'ai reçu de précieux conseils de Dennis Searing, un des plus grands cuemakers.

Fabriquer des a été comme une suite logique pour moi. Arrière-petit fils d'un grand forgeron (qui a construit la grille d'entrée de la salle de restaurant du paquebot Le Normandie), j'ai toujours été attiré par le métal. Je savais que le travail sur les manches se rapprocherait beaucoup de celui des queues de billard, il ne me restait donc plus qu'à apprendre le travail du métal.

J'ai d'abord bricolé ma propre forge et commencé à taper sur de l'acier. Grâce à cela, j'ai acquis quelques principes de base avant de passer au défi de la soudure. A force de recherches et de différents conseils que j'ai pu obtenir, j'ai réussi mes premiers « Damas » (technique qui consiste à plier des aciers de couleurs différentes afin d'obtenir des motifs).

C'est à ce moment que je me suis pris de passion pour les aciers historiques comme le « Wootz » (qu'on appelle également « Bulat »). Grâce aux conseils du coutelier allemand Achim Wirtz j'ai pu reconstituer cette technique ancestrale d'origine perse. Je suis fier aujourd'hui de faire partie des rares personnes dans le monde à maîtriser ce savoir-faire longtemps perdu.

Par la suite, je suis allé en apprendre d'avantage sur l'art du damas chez Jean-Luc Soubeyras, grand forgeron et précurseur du renouveau de cet acier si particulier. C'est là que j'ai pu en découvrir plus sur « l'acier de bas fourneau » également appelé « acier de réduction ». Forgé grâce à des techniques similaires, l'acier obtenu est l'équivalent du « Tama-Hagané » qui est l'acier traditionnel utilisé par les japonais pour la fabriquation des célèbres katanas.

Ce qui me tient à coeur quand je fabrique un ou une queue de billard, c'est de façonner non seulement quelque chose de beau mais aussi quelque chose qui remplit parfaitement sa fonction. J'apporte un soin tout particulier au choix des matières premières : les bois sont rares, précieux et triés, les aciers sont très propres, durs et tranchants.

Très attiré par la culture asiatique, j'ai choisi comme logo un « Hanko ». C'est une signature que l'on retrouve sur les anciens papiers officiels et les tableaux de maître japonais. Je l'ai faite réaliser au Japon par un artisan et elle représente mon nom en japonais. » 

 

J’ai encore passé un très bon moment avec ce coutelier forgeron qui fait de beaux et dans divers styles. Mes photos ne reflètent pas la qualité de son travail car la lumière était trop basse.


Et voici les photos de mon.

Liner avec platine en grade 5, plaquettes en bois de fer d'Arizona et Lame en Wootz inox mitre en damas explosion et fausse pièce en damas echelle de Mahomet.


 

 



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Commentaires

1 -

 Super revue Xavier !


En passant, merci pour ton acceuil et ta gentillesse sur le stand de Philippe ! 


.

 


TactiWood | Le Samedi 19/05/2012 à 21:14 | [^] | Répondre

4 - Re:

xavier Salut ,

Bienvenue sur ACT

Et tiens moi au courant de tes prochaines créations .

 


xavier | Le Mardi 22/05/2012 à 19:28 | [^] | Répondre

7 - Re:

 Merci Xavier ;) !

Et oui, dès que j'ai de nouvelles créations je te fait signe ! :)

 


TactiWood | Le Mardi 22/05/2012 à 22:12 | [^] | Répondre

2 - Salut Xavier,

Anzioluz  Merci beaucoup pour ta fabuleuse revue : photos superbes + decouverte d'un forgeron qui ose fabriquer du wootz, moi qui ne connaissais que Fabian Damanet.
Ta revue permettra à bcp de ne plus faire la confusion entre le wootz et le Damas par soudures (faussement appelé Damas Occidental).
J'irai voir Thierry Chevron, car il t'a fait, pour mon goût, le plus beau de tous les pliants. Vraiment.
Je vois qu'au fil des ans ta collection se transforme en musée.. 
Amicalement,

 


Anzioluz | Le Dimanche 20/05/2012 à 14:55 | [^] | Répondre

5 - Re: Salut Xavier,

xavier Salut Anziolus,

Merci, content que la revue te plaise.

Le renouveau du Wootz moderne est du à Achim Wirtz qui a fait quelques disciples dont Fabian Damanet, Rémy B, Jean Louis Regel, Thierry Chevron et quelques autres. Mais il est vrai qu'il ne sont pas légion comme ceux qui font du Damas.

J'ai donc deux couteaux en Wootz, ceux que l'on voit dans la revue. Le tranchant est fabuleux, tiens fort longtemps et est très facile à réafiler. 

En comparaison avec du 100Cr6 qui tien déjà très bien la coupe le Wootz dure 2 à 3 fois plus. Enfin avec ma modeste expérience et mes test en foret et sur de la découpe de viande. Cette années j'ai fais quatre cochons avec des amis et j'ai pu tester la différence entre ces aciers.

C'est vrai que le wootz est méconnu et que certain le confonde avec le Damas, mais cela n'a rien a voir. En effet avant de forger le wootz il faut le fabriquer dans un creuset et là l'artisan se transforme en métalurgiste.

Bon j'ai pas encore assez de pièces pour faire un musé surtout que j'ai pas mal revendu d'indus pour financer les artisanaux.

Amicalement

 


xavier | Le Mardi 22/05/2012 à 19:39 | [^] | Répondre

3 -

LuD Merci pour ce reportage !

 


LuD | Le Mardi 22/05/2012 à 16:32 | [^] | Répondre

6 - Re:

xavier Merci Lud,

Allez voici en avant gout des photos du salon de Thiers avec celles de la table de Thierry :



























Thierry fait aussi de très beau damas en plus du wootz.

 


xavier | Le Mardi 22/05/2012 à 19:55 | [^] | Répondre

8 - Wootz

Je me permets une petite correction : le renouveau du wootz "moderne" est dû à Al(fred) Pendray.

 


Efix | Le Mercredi 23/05/2012 à 04:25 | [^] | Répondre

9 - Re: Wootz

xavier Merci Efix pour la précision

 


xavier | Le Mercredi 23/05/2012 à 19:12 | [^] | Répondre