Jui. 17 25

Couteau Spyderco D'Allara 3 2017

Une magnifique réinterprétation

  • Currently 4.8/5

Note : 4.8/5 (4 notes)

Le C82GP3 D’Allara 3 est la version 2017 d’un très connu aux Etats-Unis puisqu’il porte le nom de John D’Allara.



C'était un officier de police de la ville de New York, décédé en portant secours aux victimes des attentats qui ont abouti à la destruction des Twin Towers à New York le 11 septembre 2001.
John D’Allara était, comme nous tous, un passionné de avec une préférence affichée pour ceux de la marque à l’Araignée. Il est fort possible qu’à la date de son décès, D’Allara ait eu un projet de chez . Toujours est-il qu’en 2003 Sal Glesser décida de lui rendre hommage en commercialisant un de secours spécial dont le manche comportait un insert en acier représentant la silhouette des Twin Towers, l’insert en acier provenait des ruines du World Trade Center. Cette série fut limitée à un tirage de 2918 exemplaires correspondant au nombre des victimes et 100% des fonds correspondant à la vente furent reversés au New York Police and Fire Widows' and Children’s Benefit Fund.


C’est un acte remarquable, tout à fait dans la lignée du patriotisme américain traditionnel. Peu de temps après la vente de cette série limitée, commercialisa un de type Rescue fermant qui fut très rapidement suivi en 2003 par le modèle D’Allara 2 qui était un possédant un manche en FRN et un système de verrouillage Ball Bearing, la carrière de cette version se termina en 2007.

a décidé, en 2017, de commercialiser un troisième modèle D’Allara en lui donnant un aspect plus généraliste avec le passage notable du VG-10 au CPM-S30V et je ne doute pas qu’il connaisse un grand succès aux Etats-Unis.

Les versions Rescue étaient plutôt des d’entrée de gamme, le modèle 3 est un haut de gamme qui a la particularité d’avoir été réalisé au Japon à Seki City. Cela démontre que les japonais produisent des de qualité équivalente à ceux fabriqués dans l’usine de Golden dans le Colorado, juste un peu en deçà de ceux fabriqués à Taiwan.

Le D’Allara mesure 11,50 cm fermé pour une longueur totale de 20,50 cm. Sa masse est de 127,57 grammes ce qui en fait un tout à fait adapté à la fonction , d’autant plus que sa connotation utilitaire/rescue est très sympathique.

Sur le plan mécanique on observe une architecture qui me plait beaucoup avec le système Ball Bearing Lock dont j’ai un retour d’expérience totalement favorable. Le principe mécanique du Ball Bearing consiste à utiliser une bille de métal (acier) ou céramique technologique comme sur cette version du D’Allara qui est par définition incompressible. Cette bille est poussée par une tige guide doté d’un ressort. En position ouverte la bille glisse sur les bords des platines et des côtes pour venir se positionner sur une rampe rectiligne usinée dans le talon de la lame.

De cette façon la bille se trouve comprimée entre la rampe et l’entretoise en acier qui la surplombe. Cette entretoise peut être courte comme sur le Manix ou longue comme celle du D’Allara qui correspond à la longueur du manche.
Sur le plan du verrouillage, l’utilisation d’une sphère entraîne un contact ponctuel techniquement plus faible qu’un contact linéique comme sur l’Axis Lock, mais dans la pratique il s’agit d’un système extraordinairement robuste. Le choix d’une bille en céramique technologique (64 à 67 RKC) permet de faire l’économie des curseurs en plexiglass présent sur le Manix. Le retrait est un peu plus laborieux certes, mais on élimine ainsi un possible point faible.

 
Le possède deux platines symétriques en acier inoxydable qui possèdent la même épaisseur de 1,5 mm. Ces platines possèdent une courbure ergonomique qui fait du un prolongement naturel de la main et la découpe avant des platines et des côtes créé un quillon inférieur qui entraine le dégagement de l’index largement sous la lame sans possibilité de venir au contact du tranchant.

En position fermé le Ball Bearing Lock entraîne une très bonne rétention de la lame, assez comparable à celle d’un bon Lock Back pour les sensations. Les côtes ont fait l’objet d’un travail d’allègement par découpe de cavités circulaires, quatre découpes par platines avec des diamètres variables : l’usinage des platines est un sans-faute.
Le manche est doté de côtes en G-10 noir possédant une texture légèrement râpeuse, permettant d’obtenir un très bon grip, conforme avec l’usage généraliste du qui possède toujours une capacité Rescue de mon point de vue.
 

Le manche possède une épaisseur de l’ordre de 9 mm avec une hauteur de 25 mm à l’aplomb du mécanisme Ball bearing Lock et de 30 mm dans la partie la plus galbée du manche. La présence d’une entretoise en inox sur toute la longueur du manche confère à ce une grande solidité, à certains endroits la manche paraît monolithique tellement l’ajustage est bon ; il est toutefois un peu moins serré sur l’avant du manche au niveau du Ball Bearing Lock, mais franchement c’est du pinaillage…

La visserie Torx utilisée est de diamètre moyen et de grande qualité, l’axe du pivot de la lame est bien dimensionné.

Le clip est le clip que je préfère chez le modèle en trombone, parfaitement opérationnel, il assure un très bon maintien en poche tout en possédant une assez grande discrétion. Le clip est réversible, ce qui est déjà très bien : c’est l’un des meilleurs clips que j’ai testé en 2017 la dureté est bien dosée.



Le reçoit une lame de géométrie Drop Point absolument dépourvue d’agressivité et dont le tranchant n’est pas raccourci par un finger choil : sur ce le contrôle des actions de coupe est très facile à maitriser y compris pour les coupes de précision, donc aucun souci.

La lame possède une épaisseur d’à peine 3 mm ce qui en fait un outil de précision tout en disposant d’une solidité certaine. Le déploiement de la lame est ultra fluide grâce à des rondelles en bronze phosphoreux de part et d’autre de l’axe du pivot, ce qui cohérent avec un Spyderhole de 10 mm de diamètre.



La lame ne comprend pas de rampe crantée, mais l’essentiel de la prise en main se concentre sur le manche dont la surface d’appui est très satisfaisante pour un utilisateur possédant des mains moyennes ou grandes.

La lame mesure 87 mm de long avec un tranchant utile d’au moins 84 mm, puisque le tranchant est légèrement courbe ; en ce qui me concerne c’est un très bon ratio.
L’acier utilisé est toujours une valeur sûre il s’agit du CPM-S30V qui n’a pas été remplacé complètement par le CPM-S35VN chez , bien que cette nuance d’acier soit présente sur plusieurs excellents.

L’émouture est du type plate intégrale avec un tranchant très coupant et robuste que les puristes pourront toujours affiler, mais qui est excellent d’origine. La lame possède une hauteur maximale de 30 mm et sa finition est satinée, on observe le monogramme de Sal Glesser sur cette lame qui comporte très peu de marquage et c’est très bien comme cela.

Arrivé au terme de cette revue, je considère que le D’Allara 3 est un superbe qui fait une fois de plus honneur à la firme de Golden : c’est un outil optimisé qui, sur la trame d’une bien triste histoire, montre la lueur d’espoir qui toujours doit subsister.

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